Je ferme la porte, vérifie que j’ai bien mon badge et mon téléphone portable et descends quatre à quatre les sept étages de l’immeuble. Ces rituels sont inlassablement répétés tous les matins, à la même heure. Ils rassurent, rythment un quotidien au tempo savamment réglé.
Tous les matins, nous sommes des milliers voire des millions à nous mettre en marche, à actionner un nombre incalculable d’automatismes. Chacun tient admirablement son rôle, dans les moindres gestes, regards, et ce jusqu’à la réplique.
« - Merci »
Là, je suis arrivée devant la bouche de métro. Je remercie un employé qui me tend un journal gratuit. Je suis maintenant dans le flux des passagers partant au travail. Mon rôle ne dépasse pas celui du figurant dont la silhouette sera tout juste aperçue dans le film.
D’autres, en revanche, ont des rôles plus importants. Au devant de la scène, ils sont visibles et font face au public.
Le premier de ces acteurs principaux que je croise dans ma longue course matinale, se situe dans un couloir. De son violon émane une mélodie aux accords imparfaits certes, mais il est là, chaque matin, laissant échapper ce souffle musical qui nous accompagne parfois tout au long du trajet.